Transports ’45 : pour la FevCom, l’alternative doit précéder la restriction
Dans sa réponse à la consultation fédérale Transports ’45, la Fédération vaudoise du commerce de détail (FevCom) a apporté un soutien sous conditions au projet. Elle met en garde contre de longues années pendant lesquelles l’accès aux centres vaudois serait restreint sans solution de remplacement.
Un projet qui fixe les priorités jusqu’en 2045
La Confédération a mis en consultation, du 19 juin au 9 octobre 2026, le projet Transports ’45. Il définit quels projets de trains, d’autoroutes et de transports dans les agglomérations seront financés d’ici 2045, et dans quel ordre. C’est la première fois que ces trois domaines sont planifiés ensemble. La FevCom salue cette approche, dont le Contrôle fédéral des finances reconnaît lui aussi la pertinence.
Les restrictions arrivent avant les alternatives
Les communes, notamment Lausanne, limitent déjà la circulation, avec des effets dès 2026-2028. Les alternatives en transports publics prévues n’arriveront qu’entre 2035 et 2045 : étape 2035 du RER, nouvelle gare de Lausanne en 2037, ligne Morges–Perroy dont la décision est renvoyée à 2031. Pendant 7 à 17 ans, l’accès aux commerces sera donc restreint sans solution de remplacement, pour la clientèle comme pour les livraisons.
Or une clientèle qui ne peut plus accéder facilement aux centres ne prend pas forcément le train. Elle se reporte vers la périphérie, la France voisine ou le commerce en ligne. L’expertise de l’EPFZ mandatée par la Confédération constate d’ailleurs que la part du rail stagne à environ 18 % depuis 2010, et l’axe Genève–Lausanne n’a aucune réserve de capacité pour absorber un report.
Le canton de Vaud en retrait
Côté routes, aucun projet d’agrandissement des autoroutes n’est prévu dans le canton d’ici 2045. Les principaux projets vaudois sont abandonnés : la nouvelle autoroute qui devait contourner Morges, ainsi que l’élargissement des autoroutes entre Genève, Morges et la région d’Yverdon, autour de Lausanne et entre Vevey et Montreux.
Côté rail, environ 7,4 milliards de francs vont aux grands projets alémaniques, contre environ 3,6 milliards pour la Suisse romande, dont 170 millions seulement pour le canton de Vaud. La Suisse occidentale représente pourtant près de 40 % de la population et des emplois du pays, et le canton de Vaud devrait atteindre un million d’habitants vers 2046.
Les demandes de la FevCom
- Un principe de séquençage : aucun accès ne doit être réduit sur un axe tant qu’une alternative équivalente n’y est pas en service.
- Ne pas enterrer le contournement de Morges : le garder dans la liste officielle des autoroutes, même si sa construction est repoussée. Si les projets vaudois ne sont pas réintégrés, la Confédération doit au minimum proposer des mesures concrètes, avec un budget et un calendrier, pour rendre l’autoroute plus fluide.
- Un rééquilibrage du rail en faveur de l’arc lémanique : inscrire la ligne Morges–Perroy dans l’étape d’investissement 2027 plutôt qu’en 2031, au moins pour les études et les travaux préparatoires, et financer l’amélioration de la liaison Lausanne–Berne, soutenue à deux reprises par le peuple suisse.
- Un critère de vitalité commerciale dans l’évaluation des programmes d’agglomération, en particulier pour le Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM).
- La prise en compte de la logistique urbaine : aires de livraison, centres de distribution urbains et parkings relais aux entrées d’agglomération.
Une position cohérente avec celle défendue sur la LMob
Ces demandes prolongent celles que la FevCom a formulées dans sa réponse à la révision de la loi vaudoise sur la mobilité (LMob) : l’alternative d’abord, la restriction ensuite. Pour un secteur dont 96,7 % des établissements emploient moins de dix collaborateurs (étude CREA / HEC Lausanne, 2023), l’accessibilité des centres conditionne directement l’activité.